26 août 2026 — 20 septembre 2026

La Mer n’est pas bleue

2026Édition terminée

En attendant l’édition 2027 du festival nous vous proposons une superbe sélection d’artistes vidéastes, au donjon de la Roche-Posay.

En écho  à l’édition 2025 de son festival photographique sur les Mers et océans, ainsi qu’au concours photographique L’eau n’est pas bleue, exposée actuellement au donjon, Or Bleu Festival  investit, en partenariat avec le Centre d’Art Contemporain de Grand Châtellerault, le champ de l’art vidéo avec cinq artistes contemporains reconnus sur les scènes française et internationale.

La mer est bleue, dans les dessins des enfants, et dans l’esprit des gens. Mais la mer est-elle vraiment bleue ? Ou plutôt, est-elle seulement bleue ? Ce bleu varie-t-il selon l’âge de la mer, comme le sous-entend poétiquement Yukio Mishima, lorsqu’il écrit : « Méditerranée, dont l’azur est foncé d’être tellement antique » ? 

Scientifiquement, la mer n’est pas strictement bleue. François Bellec, peintre et président de la Société Nationale des Beaux-Arts, nous le rappelle en justifiant que la lumière, la composition chimique, et d’autres facteurs, font varier le bleu légendaire. Les peintres avaient vu, bien sûr, cette infinité de couleurs de la mer. 

Chez les artistes qui composent cette exposition, la mer n’est d’ailleurs jamais uniquement bleue, comme en témoigne la vidéo de Thomas Collet (Chepertom). D’abord, elle est blanche, puis laisse apparaître peu-à-peu de discrètes variations pixelisées de doré, bleu, violet et vert qui teintent et accompagnent les mouvements des vagues. 

Certaines de ces couleurs se retrouvent dans l’hypnotique et contemplatif plan fixe de Nikolas Chasser Skilbeck et ses aplats mouvants, ses variations de verts, de jaunes et, plus surprenant encore, de mauves et d’oranges acides. 

Nour Awada, quant à elle, travaille avec subtilité la palette chromatique de la mer, lorsque se réveille une figure féminine onirique trempant dans un bain de bleu, jusqu’au vert glauque - terme qui désigne à l’origine un vert gris issu de la mer – dont les nuances accompagnent le regard du spectateur vers le ciel libérateur, d’orange et de rose, dans une atmosphère pourtant inquiétante. 

Même lorsqu’Aliki Christoforou décide de plonger dans la mer bleue, cette dernière semble envahie par un étrange corps sombre, marée noire sous-marine qui, progressant, fait peser une menace sur l’antique Méditerranée. 

Enfin, en regard de cela, Jacques Perconte montre la surface d’une mer noire, agitée, dont la salvatrice lumière apporte le doré nécessaire pour éteindre la gravité de la scène. La bien nommée Or Noir semble alors, loin du désastre écologique, une respiration nécessaire et le retour possible de la vie. Ainsi le noir, lorsqu’il s’impose, avec plus ou moins de violence, convoque automatiquement un imaginaire de catastrophe : la marée noire. Au-delà de la pollution massive, c’est la mort qui semble planer au-dessus de la tragédie. De ce conflit entre la vie et la mort, la vie, par la couleur et la lumière, ressort pourtant gagnante, comme la certitude absolue qu’au-delà de toute issue évidente, l’eau est bien le berceau de la celle-ci, sans cesse renouvelée.

Les intervenants