
Endless Sea — vidéo HD, 3’20”, 2024
Plan de la mer. Deux vagues superposées, entremêlées. Violet, bleu, vert, couleurs acides. Lent déferlement continu.
D’apparence simple, Endless Sea joue avec notre perception du réel. Deux vidéos de vagues se superposent et se mélangent l’une à l’autre, que l’on distingue dans les déferlements volontairement ralentis. Au cœur du mouvement, les couleurs évoluent. Si le bleu n’est jamais absent, des teintes variées apparaissent, allant jusqu’à des jaunes et oranges acides.
Nikolas Chasser-Skilbeck est familier de la technique de la composition d’image (ou compositing) qui permet de combiner deux vidéos entre elles, ainsi que des techniques de modification des couleurs par zone ou sur l’ensemble de l’image, selon les effets qu’il veut obtenir. Ces recherches sur la couleur et ses variations trouvent leur inspiration dans d’autres médiums, notamment la peinture, que l’on pense aux Impressionnistes ou à Jacques Monory.
Le cinéma est également présent dans l’esprit de l’artiste. Ainsi, Endless Sea, la « mer sans fin », capture le temps dans un va-et-vient incessant qui ne trouve jamais de dénouement narratif, et ce jusqu’à s’interrompre brusquement, au moment où semble vouloir s’édifier une vague plus grosse que les autres. L’artiste recompose un paysage paisible et perturbant, que le spectateur doit apprivoiser comme un nouveau réel et qui invite à la contemplation.