Lame de fond

Thomas Collet

La Mer n’est pas bleueVidéo

Lame de fond — vidéo HD, 2’52”, 2026 (vidéo inédite)

Mer d’écume, rocher noir, végétation dorée. Dégradation progressive de l’image. Vagues de pixels.

L’œuvre s’ouvre par une vue en plongée sur la mer blanche et bouillonnante d’écume. De premières perturbations visuelles ne tardent pas à apparaître, prémices de la dégradation massive de la vidéo. Parmi celles-ci, la couleur apparaît discrètement sur l’eau en de multiples tons, plus ou moins légers, comme apportée par les vagues. Plus la vidéo évolue, plus nos repères – le rocher, le parapet – sont perturbés jusqu’à disparaître sous une variété de textures.

Les recherches artistiques de Thomas Collet (Chepertom) se rattachent au glitch art. Cette technique consiste à exploiter des erreurs visuelles issues de l’altération des informations numériques qui créent les images, les codecs. Le glitch est pour lui une façon de dévoiler une beauté cachée dans ce qui a été filmé. Pour obtenir ce chaos, le vidéaste joue sur la vitesse de déplacement des pixels et les changements de couleurs. L’œuvre n’est atteinte que lorsque la sensation de perte et d’obsolescence est convaincante.

En partie liée à la peinture par la recherche de matière et de variations visuelles, cette vidéo trouve également son inspiration dans la nature : l’artiste est attentif, dans le paysage, au mouvement des éléments, du déplacement des vagues au très lent mouvement géologique des rochers. La vidéo glitchée est ensuite sa façon personnelle de se réapproprier le paysage.

Peu à peu, l’image est totalement emportée par les lentes vagues successives de pixels, ces « lames de fond » numériques, qui la détruisent en même temps qu’elles la recomposent. À la fin, mer et matière numérique se confondent.