
L’or noir (Landes) — film infini, vidéo numérique générative, compressions dansantes de données vidéo montées à la volée, 1,78:1, 2K (1920×1080) UP 4K NS, couleur, silence, 2016
Eau noire, eau dorée. Altérations soudaines. Vagues lisses ou pixelisées, changements constants. Le ciel, comme une bande immobile.
Jacques Perconte écrit : « Quelques heures avant la tempête, le vent souffle les vagues. Le coucher de soleil rend visible l’or que cache l’océan. Mais trempée dans la nuit noire, l’eau devient pétrole. » Primordiale chez l’artiste, l’action de filmer résulte de retours réguliers sur des sites qu’il apprécie particulièrement, lui permettant de mieux voir ce qui n’avait pas été vu au premier abord. Cette scène, capturée sur une plage de Vielle-Saint-Girons, dans les Landes, site duquel plusieurs autres œuvres sont issues, témoigne de la démarche attentive qu’il porte aux paysages.
De retour à l’atelier, la transformation qui s’ensuit tient autant de la technique que de l’alchimie. Jacques Perconte travaille la manière dont la compression vidéo fait et défait les images. Ses « compressions dansantes de données vidéo, montées à la volée » relèvent d’une approche artisanale du détournement des technologies. Comme un cuisinier, il plonge les images les unes dans les autres et en fait monter les saveurs, les couleurs, les matières.
Se référant (comme Nikolas Chasser-Skilbeck, Thomas Collet et Nour Awada) à une approche picturale, il s’amuse de la façon dont la lumière est encodée dans la machine pour moduler l’image. Moins scientifiques que sensibles, ses expériences esthétiques s’éloignent de l’approche rationnelle du Post-Impressionnisme pour se rattacher aux recherches sur la lumière de l’Impressionnisme.
Pour Jacques Perconte, ses pièces ne portent pas de message explicite : ici, il ne s’agit que de vagues, dont les variations confinent à la contemplation. Dans le contexte de l’exposition, Or Noir restitue le combat manichéen du noir contre le doré qui, parce qu’il répond d’un processus génératif infini, ne désigne pas de vainqueur entre les deux, mais insuffle l’espoir que la lumière, sur l’obscurité, vaincra.